%0 Book Section %T L’essoufflement du consensus en Tunisie: désaffection et défis à relever publisher Institut européen de la Méditerranée (IEMed) %D 2019 %@ https://hdl.handle.net/10433/22261 %X Le processus de désaffection pour les institutions et la classe politique s’est accentué en 2018 en Tunisie, mettant en relief les limites du consensus autour duquel a tourné la vie politique du pays ces dernières années.Même si la Constitution établit un système politique de type semi-présidentialiste, la dynamique consensuelle qui s’est établie entre Nidaa Tounes et Ennahda après les élections législatives de 2014 a permis à Béji Caïd Essebsi de renforcer le rôle du président de la République (Gobe, 2017). Élu au suffrage universel, et possédant donc une légitimité personnelle venue des urnes, il a encouragé la formation de gouvernements de coalition et d’union nationale,mais dépourvus d’un fort leadership politique.Tout au long de son mandat, les tentatives des chefs de gouvernement successifs d’acquérir un rôle plus autonome ont été source de friction. Ainsi, la démission forcée d’Habib Essid, technocrate qui a dirigé le gouvernement en 2015 et 2016, n’a pas empêché ces tensions de se reproduire sous son successeur à la tête du gouvernement d’union nationale, Youssef Chahed (Gobe, 2018). Ces tensions, placées aux côtés de la détérioration de la situation économique et des inégalités régionales qui étaient à l’origine de la révolution en 2011, ont contribué à élargir la fracture existante entre la population et l’élite politique. Cet écart a été mesuré dans l’enquête réalisée par Afrobarometer en 2018. D’après elle, 81 % des Tunisiens ne se sentaient identifiés à aucun parti politique (Afrobarometer, 2018). %K Tunisia %K Maghreb %K Political science %K Euro-Mediterranean politics %~