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Entre alternance et droitisation : les élections autonomiques du 2 décembre 2018 en Andalousie

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Peinado García, Alejandro
Fernández Rivera, Cristina

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C’est à juste titre que les élections autonomiques andalouses du 2 décembre 2018 ont été extrêmement commentées en Espagne et dans le reste de l’Europe. En confirmant la perte de voix du Parti socialiste andalou (Partido Socialista Obrero Español - Andalucía, PSOE-A), ces élections régionales ont permis l’accès au pouvoir du Parti populaire d’Andalousie (Partido Popular – Andalucía, PP-A) 1. Il s’agit donc de la première alternance politique en Andalousie après 36 ans de gouvernement socialiste. Mais ces élections ont aussi favorisé l’émergence d’un parti d’extrême droite – Vox – au sein du Parlement andalou, ce qui constitue une première depuis 1982 et le siège de député obtenu par l’Union nationale de Blas Piñar en 1979. Les élections autonomiques andalouses se sont produites à la suite de la rupture du pacte d’investiture scellé en 2015 entre le PSOE-A et les « libéraux-démocrates » (comme ils se désignent) de Ciudadanos (C’s). Quatre partis aspiraient à occuper le siège de la présidente sortante Susana Díaz. Le premier était le PSOE-A lui-même mené par Díaz, suivi du PP-A de Juan Manuel Moreno Bonilla, de Ciudadanos avec son candidat Juan Marín et de la coalition Adelante Andalucía (AA, « Andalousie En Avant ») formée par Podemos et les anciens communistes d’Izquierda Unida (IU, « Gauche Unie ») sous l’impulsion de Teresa Rodríguez et Antonio Maillo. La dissolution du Parlement andalous fut officialisée le 2 octobre 2018, lançant ainsi un processus culminant le 2 décembre au soir. Ce rendez-vous électoral promettait une lutte en demi-teinte, mais il a finalement fait voler en éclat bien des certitudes. L’enjeu était de taille, les communautés autonomes contrôlent la moitié des dépenses publiques et gèrent près de 80 % des politiques publiques en collaboration avec l’État central (y compris santé et éducation). Avec son budget de plus de 34 milliards d’euros annuels, l’Andalousie est un territoire stratégique pour les partis espagnols. Ces élections andalouses étaient régies par un système de représentation proportionnel dans le cadre des provinces. Les restes sont répartis selon la méthode d’Hondt, ce qui tend en principe à favoriser les partis majoritaires et à exclure les formations plus modestes. Toutefois, les résultats des élections de 2018 démontrent la plasticité de ce mécanisme puisque le système des partis a changé en profondeur depuis la crise de 2008 sans que les règles soient modifiées

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Bibliographic reference

Harguindéguy, JB, Govantes, B et al. (2019), “Entre alternance et droitisation : les élections autonomiques du 2 décembre 2018 en Andalousie”, Pôle Sud, 50, 163-176

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